Résumé
Cette contribution interroge la place de la morale dans la conduite des relations internationales, à partir d’une tension classique de la théorie politique : l’État peut-il, ou doit-il, s’affranchir des exigences éthiques ordinaires au nom de sa sécurité ou de ses intérêts stratégiques ? Après avoir retracé les grandes traditions du débat — réalisme, moralisme cosmopolite et éthique de la responsabilité —, l’article confronte ce cadre théorique à deux exemple contemporains : la destruction systématique de villages dans le sud du Liban par l’armée israélienne et l’instrumentalisation des flux migratoires par le Maroc dans ses relations avec l’Espagne. Ces deux exemples illustrent des logiques distinctes d’instrumentalisation — l’une de la force armée, l’autre de la vulnérabilité humaine — mais posent une même question : la normalisation empirique d’une pratique équivaut-elle à sa légitimation morale ? La contribution conclut que la morale ne disparaît jamais complètement de la géopolitique ; elle y est plutôt reformulée, subordonnée ou instrumentalisée selon les rapports de force, ce qui pose la question de la fonction réelle du droit international : véritable norme contraignante ou fiction régulatrice.
Introduction : un paradoxe manifeste
Le 27 novembre 2024, un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entrait en vigueur au Liban[1]. Il était censé marquer la fin d’un conflit qui avait déjà fait plus de 4 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes. Pourtant, les destructions se sont poursuivies après l’accord : des villages entiers du sud du pays ont continué d’être rasés au bulldozer et à l’explosif, dans une zone que l’armée israélienne appelle « zone tampon » ou « zone stérile ». Au même moment, à l’autre bout de la Méditerranée, le Maroc[2] était accusé par quelques médias pour la deuxième fois en cinq ans, d’avoir délibérément laissé — voire encouragé — des dizaines de milliers de ses ressortissants passer la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta, dans un contexte de tension diplomatique avec l’Espagne.
Ces deux évènements, en apparence sans aucun lien, posent la même question essentielle : la géopolitique doit-elle, ou peut-elle, s’affranchir de principes moraux ? Est-il normal - au sens statistique d’une régularité constatable - et est-il acceptable - au sens normatif d’un comportement défendable - qu’un État manipule l’anéantissement d’infrastructures civiles ou la fragilité de ses propres ressortissants comme outils d’action stratégique ?
Cette question n’est pas nouvelle : elle façonne la théorie des relations internationales depuis ses origines. Mais elle reste d’actualité, car la permanence de pratiques que le droit international caractérise expressément d’illégales - destructions disproportionnées au regard des impératifs militaires, instrumentalisation forcée des populations - paraît aller à l’encontre de l’idée d’un ordre international supposé de plus en plus normé. Cette contribution propose d’abord de redéfinir les termes théoriques du débat, avant de les mettre en regard avec ces deux exemples contemporains, pour questionner enfin ce que cette mise en parallèle dévoile de la réalité du statut de la morale en géopolitique.
1. Le réalisme et la raison d’État
La tradition réaliste laisse entendre que l’action des États ne peut, et ne doit, être appréciée selon les mêmes critères moraux que l’action des individus. Cette position apparaîtrait pour la première fois chez Nicolas Machiavel[3], pour qui le prince doit savoir « ne pas être bon », c’est-à-dire s’affranchir de la morale courante lorsque l’intérêt politique le commande. Chez Thomas Hobbes[4], cette conception tire sa justification de l’organisation même du système interétatique : dépourvu d’une autorité centrale à même de faire respecter des normes communes - ce qu’il nomme « état de nature » -, chaque État se trouve obligé d’accorder la priorité absolue à sa propre sécurité, sous peine de disparition.
Au XXe siècle, cette intuition est érigée en théorie systématique par Hans Morgenthau[5], père fondateur du réalisme classique en relations internationales, pour qui la politique entre nations suit une logique qui lui est propre, celle de l’intérêt national défini par la puissance. Dans cette veine, pour les réalistes, vouloir appliquer telle quelle la morale privée à l’action étatique relève d’une naïveté lourde de conséquences : un dirigeant qui sacrifierait la sécurité de son peuple sur l’autel de principes abstraits manquerait, paradoxalement, à son devoir premier envers lui.
Cette position ne signifie pas nécessairement un rejet de toute contrainte morale : elle repose plutôt sur une gradation des devoirs, dans laquelle la responsabilité envers sa propre communauté politique passe avant les obligations envers l’humanité dans son ensemble. C’est cette même gradation qui sous-tend, implicitement, les discours officiels israéliens invoquant l’« impératif de sécurité » pour justifier l’établissement d’une zone tampon au Liban, ou les autorités marocaines lorsqu’elles présentent leur gestion des flux migratoires comme une question relevant exclusivement de leur souveraineté nationale.
2. La critique cosmopolite et moraliste
Face à cette tradition se dresse un autre courant, qui refuse toute distinction entre la morale applicable aux individus et celle qui s’impose aux États. Chez Emmanuel Kant[6], l’idée de paix perpétuelle s’appuie sur le postulat selon lequel les États, tout comme les individus, sont astreints à des impératifs moraux universels ; le droit international n’y est pas réduit à un simple accord entre puissances, mais constitue le prolongement nécessaire du droit à l’échelle planétaire. Cette intuition nourrit l’internationalisme libéral défendu par Woodrow Wilson[7] au lendemain de la Première Guerre mondiale, avant d’irriguer la construction du droit international humanitaire moderne après 1945.
Le courant cosmopolite contemporain - porté notamment par les théoriciens de la justice globale comme Charles Beitz[8] et, de façon plus nuancée, par certaines lectures internationalistes de John Rawls[9] - va plus loin dans ce raisonnement : les frontières nationales n’auraient aucune valeur morale en elles-mêmes, et les exigences de justice - protéger les civils, proscrire la torture, refuser que quiconque soit réduit à un simple instrument - vaudraient pour tout être humain, sans distinction de nationalité. Cette conception se manifeste concrètement dans les termes du droit international humanitaire : le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève[10] interdit ainsi, dans ses dispositions pertinentes, toute destruction de biens civils qui ne répondrait pas à une nécessité militaire impérieuse, quelle que soit par ailleurs la légitimité alléguée de l’objectif stratégique visé.
La difficulté de cette position relève non pas du raisonnement mais de la mise en œuvre concrète : faute d’une instance mondiale de contrainte équivalente à celle qui, au sein d’un État, garantit l’application de la loi, le droit international s’appuie essentiellement sur la réciprocité, l’influence diplomatique et la légitimité[11] - des leviers que les grandes puissances peuvent, dans une mesure considérable, écarter sans en subir de conséquence à la hauteur.
3. La voie médiane : l’éthique de la responsabilité
Face à ces deux positions, une troisième école récuse la fausse alternative entre une géopolitique « avec » ou « sans » morale[12]. Max Weber[13] établit, dans Le Savant et le politique, une distinction entre l’éthique de conviction qui évalue une action à l’aune de sa conformité à un principe tenu pour absolu, indépendamment de ses conséquences, et l’éthique de responsabilité qui l’évalue à l’aune des conséquences prévisibles que l’agent doit assumer. Ces deux éthiques ne sont pas strictement exclusives ou opposées. Elles seraient plutôt complémentaires chez l’« homme politique authentique », qui doit conjuguer la force de conviction (avoir des valeurs qui l’animent) et le sens des responsabilités (mesurer les effets réels de ses actes). La distinction est analytique, ce n’est guère une typologie de personnes qui s’excluraient réciproquement. Un responsable politique, aux yeux de Weber, se doit d’accepter des arrangements imparfaits - admettre un mal moindre, dialoguer avec un opposant - lorsque l’autre option (l’éthique de conviction) engendre une souffrance plus grande. Il ne s’agit pas d’une absence de morale (nous faisons nôtre la définition proposée par Avishai Margalit, cf. note de bas de page 12), mais d’une morale redéfinie par le poids des répercussions.
Raymond Aron[14] ainsi que, dans le monde anglo-saxon, Hedley Bull[15] et l’École anglaise des relations internationales, développent cette même idée en démontrant que la société internationale ne constitue ni un état de nature hobbesien à l’état pur, ni une communauté cosmopolite homogène, mais un ordre hybride (une anarchie sociétale) où cohabitent des intérêts de puissance et des normes communes fondamentales - le respect de la souveraineté, la prohibition du génocide, certaines règles encadrant la guerre. Dans cette optique, la morale en géopolitique n’est pas inexistante : elle se trouve instrumentalisée, soumise à des exigences stratégiques, mais rarement rejetée de façon frontale — les États tendent généralement à légitimer leurs actions par des arguments moraux (autodéfense, sécurité, souveraineté), ce qui laisse penser que la légitimité normative demeure significative, même lorsqu’elle sert d’instrument plutôt qu’elle n’est véritablement honorée.
Ce postulat - selon lequel la morale n’est pas éliminée mais traduite en langage stratégique - constitue celui que les deux exemples suivants permettent de mettre à l’épreuve.
4. Exemple 1 : la destruction des villages du Sud-Liban
Les faits
Entre octobre 2023 et décembre 2024, les actions militaires israéliennes au Liban ont causé plus de 4 000 décès et déplacé plus d’un million d’individus, selon les chiffres communiqués par Human Rights Watch[16]. L’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 stipulait un désengagement israélien du sud du pays sous soixante jours. Ce désengagement ne s’est toutefois jamais achevé : Israël aurait instauré de façon unilatérale une « zone tampon » représentant environ 6 % du territoire libanais, tracée par ce que son armée nomme une « ligne jaune ».
Au sein de cette zone, et par moments hors de ses limites, les destructions se sont prolongées longtemps après la cessation officielle des hostilités[17]. Une enquête menée par le quotidien Le Monde[18] a révélé qu’environ 38 % des constructions de la région avaient subi des dommages ou été anéanties ; des localités entières, telles que Bint Jbeil ou Deir Seriane, ont été effacées à l’aide d’explosifs et de bulldozers. Des spécialistes des droits humains mandatés par les Nations unies[19] ont condamné, en 2025, une « destruction systématique de logements, de terres agricoles et d’autres infrastructures essentielles » se poursuivant en pleine trêve, et ont alerté sur le fait que ces actes pourraient constituer des violations du droit international humanitaire.
La justification stratégique invoquée
L’armée israélienne légitime ces destructions par l’impératif de démanteler de façon pérenne les capacités militaires du Hezbollah dans les localités frontalières, en empêchant toute reconstitution d’infrastructures armées. Ce discours relève du registre habituel de la nécessité militaire, catégorie admise par le droit international humanitaire lui-même. Mais cette légitimation se confronte à deux limites factuelles rapportées par plusieurs sources : d’une part, l’ampleur des destructions — des quartiers résidentiels entiers, des mosquées, des cimetières, des infrastructures hydrauliques et agricoles — excède largement ce qu’une interprétation stricte du principe de proportionnalité permettrait ; d’autre part, une part significative des démolitions est intervenue après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, ce qui fragilise l’argument d’une nécessité militaire immédiate.
La lecture par le droit international humanitaire
Le droit de Genève régit de manière rigoureuse ce type de situation. L’article 53 de la Quatrième Convention de Genève ainsi que les articles 53 à 56 du Protocole additionnel I prohibent la destruction de biens civils, hormis en cas de nécessité militaire impérieuse, et soumettent toute atteinte accessoire à un principe de proportionnalité au regard de l’avantage militaire concret escompté. La doctrine juridique a récemment forgé la notion de domicide pour qualifier la destruction volontaire et méthodique de l’habitat civil en tant que méthode de guerre à part entière - une notion invoquée par certains rapporteurs spéciaux de l’ONU dans le dossier libanais.
Cet exemple illustre ainsi une configuration précise du rapport entre géopolitique et morale : un État mobilise un vocabulaire juridique et moral et légitime - la légitime défense, la nécessité, la sécurité - pour couvrir une pratique dont l’ampleur et la durée excèdent, selon plusieurs organismes indépendants, le cadre légal reconnu. La morale n’est par conséquent pas absente du discours ; elle sert d’instrument comme langage de justification, ce qui confirme, plutôt qu’il ne l’infirme, le constat wébérien d’une éthique (que nous appelerions ici plutôt morale, cf. supra) de la responsabilité détournée de sa fonction critique.
Exemple 2 : le Maroc et l’instrumentalisation des flux migratoires
Le cadre théorique : l’arme de la migration
La politologue Kelly Greenhill a élaboré, à compter des années 2000, le concept de migration engineered[20] — des flux migratoires délibérément suscités, encouragés ou exploités par un État à des fins de contrainte politique. Elle identifie plusieurs catégories, parmi lesquelles la « migration provoquée à des fins coercitives » (coercive engineered migration), qui consiste à tirer parti d’une menace ou d’une réalité de flux migratoire pour extraire un avantage politique ou économique[21] d’un État visé. Ce cadre a par la suite été appliqué à divers cas concrets : la Biélorussie confrontée à la Pologne et aux pays baltes, la Turquie opposée à l’Union européenne, et le Maroc aux prises avec l’Espagne.
Les faits : deux épisodes[22], 2021 et 2026
En mai 2021, plus de 8 000 individus avaient traversé en l’espace de quelques jours la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta, dans un contexte de tension diplomatique faisant suite à l’accueil, en Espagne, du dirigeant du Front Polisario, Brahim Ghali. Le Parlement européen[23] a dénoncé sans équivoque, en juin 2021, le recours par le Maroc au contrôle frontalier et à la migration - notamment celle des mineurs isolés - comme instrument de pression politique contre l’Espagne. Le centre de recherche barcelonais CIDOB a désigné cet épisode comme un exemple typique de « weaponisation of migration »[24].
Un second épisode, d’une ampleur bien supérieure, est survenu fin juillet 2026 : plus de 50 000 personnes ont cherché à franchir la frontière de Ceuta, majoritairement à la nage, causant au moins 72 décès, selon différentes sources. Cet afflux a eu lieu peu après une visite officielle du chef du gouvernement espagnol en Algérie - concurrent régional du Maroc sur le dossier du Sahara occidental - en dépit de la reconnaissance récente par Madrid de la souveraineté marocaine sur ce territoire. Plusieurs analystes cités par la presse espagnole et internationale ont émis l’hypothèse d’une manipulation intentionnelle par les autorités marocaines, sans qu’une preuve formelle d’une orchestration étatique directe n’ait toutefois été apportée à ce stade - un point à traiter avec prudence et une précaution méthodologique[25].
La dimension morale spécifique de cet exemple
Ce second exemple déplace l’angle d’analyse par rapport au précédent : il n’est plus question de la destruction de biens ou de vies dans le cadre d’un conflit armé, mais de l’exploitation de la fragilité de sujets civils - parfois mineurs - comme moyen de négociation diplomatique. Cette pratique soulève une interrogation kantienne précise : l’impératif catégorique proscrit de considérer autrui uniquement comme un moyen. Or, l’exploitation coercitive de la migration, telle que conceptualisée par Greenhill (cf. supra), se fonde structurellement sur ce traitement des personnes migrantes comme outils de négociation entre États, sans égard pour leur consentement ou leur intérêt propre.
L’exemple marocain présente en outre une particularité par rapport à d’autres cas de la littérature (Biélorussie, Turquie) : les personnes exploitées sont, en 2026, en majorité les propres citoyens du Maroc, et non des migrants issus de pays tiers transitant par son territoire. Cette distinction a été soulignée par plusieurs observateurs, qui y perçoivent une forme d’exploitation double - celle de la population migrante d’une part, celle de la population nationale elle-même d’autre part - dans la mesure où l’aspiration au départ de nombreux jeunes Marocains est mobilisée comme ressource géopolitique plutôt que traitée comme un problème social à résoudre.
Conclusion
Les deux exemples, bien que très distincts par leur nature - l’un ressortit au droit des conflits armés, l’autre au droit et à la diplomatie migratoires -, se rejoignent sur un même constat théorique : la morale ne s’efface jamais totalement de la géopolitique contemporaine, mais elle y est constamment traduite en langage stratégique. Aucun des deux États examinés ne prétend ouvertement agir hors de toute morale ; chacun mobilise au contraire un répertoire de justification - nécessité militaire dans un cas et sécurité nationale dans un cas, gestion migratoire et souveraineté frontalière dans l’autre - qui emprunte précisément les catégories du droit international qu’il est accusé de contourner.
Ce constat corrobore, sur le plan empirique, l’intuition wébérienne et celle de l’École anglaise, davantage qu’il ne conforte le réalisme classique ou le cosmopolitisme intégral. Il ne s’agit pas d’une géopolitique « dépourvue de » morale, mais d’une géopolitique où celle-ci fonctionne autant comme ressource rhétorique que comme contrainte effective - ce qui a une incidence directe sur la question soulevée en introduction. L’enjeu n’est peut-être pas tant de déterminer si la géopolitique doit s’affranchir des valeurs morales, mais de reconnaître que cette morale, dans les relations internationales, opère rarement comme une limite absolue : elle fonctionne comme un langage de légitimation dont l’efficacité contraignante dépend presque intégralement du rapport de force entre les acteurs concernés, ainsi que de la capacité - ou de la volonté - de la communauté internationale à sanctionner véritablement son détournement.
Est-ce donc « normal » ? D’un point de vue descriptif, la réponse qu’invitent ces deux exemples est positive : la soumission de la morale à l’intérêt stratégique, revêtue d’un langage juridique ou humanitaire, représente une constante observable des pratiques étatiques contemporaines, du Proche-Orient au Maghreb en passant par l’Europe orientale. Est-ce « acceptable[26] » ? Cette interrogation normative ne saurait recevoir de réponse univoque à partir d’une position purement descriptive ; elle dépend du cadre moral adopté - cosmopolite, réaliste, ou relevant de la responsabilité. Ce que cette contribution peut avancer avec davantage de conviction, c’est que l’écart entre le discours moral employé par les États et les répercussions réelles de leurs actions constitue en soi un objet d’analyse géopolitique légitime - et probablement le meilleur indicateur disponible de la vigueur, ou de l’affaiblissement, de l’ordre international fondé sur des règles.
[1] Au Liban, un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, Le Monde, 28 novembre 2024.
[2] Un afflux massif de migrants à Ceuta ravive les tensions entre Madrid et Rabat, Le Monde, 31 juillet 2026.
[3] Machiavel Nicolas. Le Prince, traduction et notes de Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2000.
[4] Hhobbes Thomas. Léviathan, surtout le chapitre XIII, traduction de Gérard Mairet, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2000.
[5] Morgenthau Hans J. Politics Among Nations : la lutte pour la puissance et la paix, traduction française, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2010.
[6] Kant Emmanuel. Vers la paix perpétuelle, traduction de Jean-François Poirier et Françoise Proust, Paris, GF Flammarion, coll. « GF », 1991.
[7]Woodrow Wilson Presidential Library, Yale Law School’s Avalon Project (https://avalon.law.yale.edu/20th_century/wilson14.asp)
[8] Un des fondateurs du champ de la justice globale en philosophie politique contemporaine. Voir Political Theory and International Relations (1979, éd. révisée 1999), Princeton University Press.
[9] Rawls John. Théorie de la justice. Traduit de l’anglais par Catherine Audard. Paris : Éditions du Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 1987.
[10] Article 53 — Protection des biens culturels et des lieux de culte (Titre IV, Section III, « Biens de caractère civil »). Il interdit notamment de commettre tout acte d’hostilité dirigé contre les monuments historiques, œuvres d’art ou lieux de culte constituant le patrimoine culturel ou spirituel des peuples, d’utiliser ces biens à l’appui de l’effort militaire, et d’en faire l’objet de représailles.
Article 54 — Protection des biens indispensables à la survie de la population civile (même section). Il interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile (denrées alimentaires, zones agricoles, récoltes, bétail, installations d’eau potable, etc.), même comme méthode de guerre visant à affamer la population.
Ces deux articles figurent dans le Titre IV (« Population civile »), Chapitre III (« Biens de caractère civil ») du Protocole I. https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/protocol-additional-geneva-conventions-12-august-1949-and
[11] La légitimité est définie par M.C. Suchman comme la mesure dans laquelle les actions et l’existence d’une entité sociale sont à la fois valorisées et considérées comme valides par ses parties prenantes (Managing Legitimacy: Strategic and Institutional Approaches.” Academy of Management Review, 20(3), 571-610.
[12] Nous avons découvert et lu avec plaisir sur le blog de Yves Roman sur Mediapart du 8 août 2026 une analyse d’un article de Itay Mashiach, relatif au philosophe israélien Avishai Margalit paru dans Harretz du 8 août également. Margalit distingue la morale de l’éthique. Pour lui, « La moralité, ..., régit nos obligations envers tous les êtres humains du simple fait qu’ils sont humains. Ses exigences sont universelles et façonnent notre relation aux étrangers. L’éthique, en revanche, régit nos obligations envers ceux avec qui nous partageons ce que Margalit appelle des « relations étroites » : la famille, les amis, la communauté ».
[13] Weber, Max. Le Savant et le Politique. Traduction de Julien Freund (préface). Paris : Plon, 1959 ; réédité en collection 10/18, puis en édition augmentée et retraduite par Catherine Colliot-Thélène, Paris, La Découverte, 2003.
[14] Paix et guerre entre les nations. Paris : Calmann-Lévy, 1962.
[15] The Anarchical Society: A Study of World Order in World Politics. London: Macmillan, 1977
[16] Human Rights Watch, « Liban : la destruction des infrastructures empêche le retour d’habitants déplacés », 17 février 2025.
[17] L’Orient-Le Jour, couverture continue des démolitions dans la « zone tampon », 2026. ; RTBF, « Le Sud-Liban rayé de la carte : Israël rase des villages au bulldozer et à l’explosif », avril 2026
[18] Des localités du Liban sud rayées de la carte par l’armée israélienne, Le Monde, 23 mai 2026.
[19] Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (OHCHR), « Israël doit cesser de tuer les civils rentrant chez eux au Sud-Liban, insistent des experts de l’ONU », février 2025 ; ONU INFO, « Liban : l’ONU demande des enquêtes face à une recrudescence des frappes israéliennes », novembre 2025.
[20] Greenhill Kelly M., Weapons of Mass Migration: Forced Displacement, Coercion, and Foreign Policy, Ithaca, Cornell University Press, 2010.
[21] Greenhill Kelly M., « Strategic Engineered Migration as a Weapon of War », Civil Wars, vol. 10, n° 1, 2008.
[22] Au moment de la rédaction de cette contribution, plusieurs sources font état de rumeurs selon lesquelles une nouvelle tentative de franchissement illégal de la frontière de Ceuta pourrait survenir le 15 août prochain, soit dans un délai de deux jours. Ces rumeurs sont prises au sérieux par les autorités espagnoles et marocaines, qui mobilisent divers dispositifs afin de prévenir cette arrivée massive supposée de migrants.
[23] Parlement européen, résolution du 10 juin 2021 sur la violation de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et l’instrumentalisation des mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Ceuta, 2021/2747(RSP), www.europarl.europa.eu.
[24] Garcés Mascareñas Blanca (2021). « Ceuta: The weaponisation of migration », CIDOB (Barcelona Centre for International Affairs), Opinión CIDOB n° 669, mai 2021.
[25] The Conversation, « Pourquoi Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente », 2026 ; Tapper, Malaika Kanaaneh (2 août 2026). « Morocco counts its dead and missing after mass swim to Ceuta », Financial Times, Royaume-Uni ; Radio Télévision Suiss, « Le Maroc a-t-il organisé l’afflux de migrants vers Ceuta ? », 2 août 2026.
[26] Voir la définition de cette notion dans Bécheur, A. & Bensebaa, F. (2004). « Responsabilité sociale des entreprises : acceptabilité, crédibilité et légitimité des pratiques », Actes de la XIIIe Conférence de l’AIMS (Association Internationale de Management Stratégique), Le Havre, juin 2004.


